CR réunion Grenoble

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Dès le vendredi 1er mai nous avons été accueillis par Christiane Guichard (association La Casamaures) et par Jean-François Dana (Atelier Tournesol). Un grand merci à eux, à Guy Pouget (président du Groupe d’Astronomie du Dauphiné), à Didier Cottier et tous les bénévoles qui ont organisé ces trois journées avec : visite de la villa « Casamaures », thé à la menthe, gâteaux réchauffés au « four solaire », observation du Soleil, exposition de cadrans …)
La réunion de la CCS se composait d’une séance de communications gnomoniques à la Casamaures le samedi 2 et d’une « promenade cadrans solaires » le dimanche, dont le fameux cadran du Lycée Stendahl.

Présentations lors de la réunion

Bernard Beaudoux : Inventaire des nocturlabes

Beaudoux

En octobre 2014, un inventaire des nocturlabes a été présenté pour la première fois à la SAF. Cet inventaire reprenait 375 instruments répartis dans des musées, des collections privées, des salles de ventes ou encore des instruments non localisés. En mai 2015, cet inventaire a bien évolué. On dénombre aujourd’hui 515 nocturlabes répartis de la même manière que précédemment.

Danièle Baverel : jeu des 7 erreurs sur le « gnomon » d’Annecy

Danièle Baverel

« Mon but est de vous inviter à trouver les anomalies (erreurs et manques) que j’ai observées sur le cadran solaire situé dans les jardins de l’Europe à Annecy ! Suite à des actes de malveillance et à des rénovations successives plus ou moins heureuses, ce cadran est peu lisible et mériterait mieux, lui qui fut à la fin du XIXe une des preuves de la vitalité technologique d’Annecy !
Le « gnomon », comme l’appellent les Annéciens, est constitué d’une étoile à 7 branches comportant 3 cadrans équatoriaux (un grand, supérieur, et 2 petits, inférieurs), posés sur un socle (cube tronqué) dont les 4 côtés, orientés suivant les 4 points cardinaux, sont munis de cadrans verticaux. Les branches de l’étoile portent 10 cadrans polaires. Il est posé sur un piédestal très imposant avec un deuxième cadran méridional. Le tout est en pierre calcaire du pays, soumise aux intempéries.

  • Aucun style ne permet de lire l’heure sur les cadrans équatoriaux et verticaux.
  • Sur le cadran équatorial supérieur on remarque que les heures inscrites de part et d’autre du 12 sont 11, 10, 9 etc.
  • Sur la plaque explicative on lit : « l’orientation et l’inclinaison de l’étoile ne doivent rien au hasard mais à la latitude locale, en avance de 25 minutes sur l’heure légale de Greenwich
  • Si on compare les explications de la plaque aux cadrans : « celui du côté occidental (fonctionne) de 13 à 20 heures ». Or sur ce cadran sont inscrits les nombres de 4 à 11.
  • Celui de la face septentrionale s’étend de part et d’autre de la ligne Est-Ouest, il est gradué de 4 à 8 heures à l’ouest et de 16 à 20 heures à l’Est. Or on voit, à l’Est, les chiffres (romains cette fois-ci !) de IX à XIII.
  • « La courbe fermée en forme de 8 qui se trouve sur la face Sud du piédestal » elle n’est malheureusement pas tracée ; par contre, les signes du zodiaque sont inscrits comme si elle existait !

Christian Druon : Maquette pour un projet de cadran solaire de temps sidéral

Christian Druon

L’objectif final du projet est la réalisation d’un cadran solaire de temps sidéral pour l’observatoire de Lille. On souhaite pouvoir lire sur ce cadran à la fois les heures solaires et les heures sidérales.
Dans un premier temps une maquette a été réalisée pour tester le fonctionnement d’un cadran de type méridional vertical avec style polaire. Le tracé des lignes horaires sidérales est facilité en choisissant des arcs diurnes particuliers. Pour ces derniers, les angles de déclinaison sont sélectionnés de telle sorte que les angles d’ascensions droites soient des multiples de 15° donc de 1h. On obtient deux familles de droites, l’une pour le premier semestre (tracées en rouge) et l’autre pour le second semestre (tracées en bleu).

Gérard Elie : Chasseur français

Gérard Elie

Gérard nous présente une centaine de photographies de cadrans solaires, prises durant ses voyages dans le Piémont italien. Il nous commente les types d’heures et les devises. Les villes visitées sont situées au Nord-Est de Turin : Leini, Volpiano, Feletto, San Giorgio, San Benignio (maison avec, sur sa façade, quatre cadrans et une représentation de la vierge à l’enfant).

Olivier Escuder

Olivier Escuder

À l’occasion des dix ans de la parution de l’ouvrage Paroles de Soleil, qui présentait près de 3000 devises de cadrans solaires français, Philippe Sauvageot a proposé à Olivier Escuder – le coordinateur de l’équipe de membres de la Commission des Cadrans solaires qui a réalisé le dit ouvrage entre 1998 et 2005 – de remettre en place un nouveau groupe de travail. Pour rappel, Paroles de Soleil est le fruit de près de sept années de travail d’analyse, de traduction et de classification des devises des cadrans solaires présents sur le territoire français.

Pierre Juliot : Chronogrammes dans les devises solaires

Pierre Juliot

Pierre présente le logiciel qu’il avait développé en 2009 et qui pourrait servir dans la nouvelle mise à jour de Paroles de Soleil. Il s’agit d’un programme capable de trouver et décrypter des chronogrammes dans les devises solaires. Un chronogramme permet de faire apparaître, dans une devise portée par un cadran solaire, une date importante pour ce cadran, généralement celle de sa fabrication.

Maurice Kieffer : Le cadran analemmatique de la cour d’école de Berwiller

Maurice Kieffer

L’année dernière j’ai présenté la construction d’un cadran solaire polaire à affichage numérique. Cette réalisation a été faite par une équipe de chaudronniers de ce village. Une semaine après notre réunion à Avignon, le cadran a été installé à l’occasion de la journée citoyenne. Plusieurs villes de France envoient une délégation pour observer l’organisation. L’année dernière 1/3 de la population soit environ 400 personnes ont travaillé ce jour-là. Elles étaient réparties sur 35 chantiers. C’est impressionnant.

Michel Lalos : à la découverte des cadrans du guillestrois

Michel Lalos

Sur le département des Hautes-Alpes on a recensé plus de 1 200 cadrans solaires, peints pour la plupart, dont plus de 400 réalisés au cours des XVIIIe et XIXe. Ces derniers restent les témoins d’une tradition, d’une imagination populaire et d’un art pictural remontant le plus souvent au XVIIIème siècle. De formes et de styles différents, ils présentent un subtil mélange de couleurs, de volutes, de décors variés : fleurs, animaux, paysages ou scènes de la vie quotidienne.

Philippe Langlet : mesure de la déclinaison d’un mur

Philippe Langlet

Cadranier professionnel à la retraite, Philippe nous présente sa technique de relevé de la déclinaison d’un mur… à distance. Il envoyait par la poste un appareil en aluminium et demandait à son client de relever la position de l’ombre de la cloison verticale. Cette technique lui permettait ensuite de calculer la déclinaison du mur avec une précision équivalente à celle de la méthode de la planchette. Dans le prochain Cadran Info l’appareil et le mode de calcul seront présentés dans le détail.

Éric Mercier : cadrans remarquables et inédits de Tunis (F. Jarray & E. Mercier)

Eric Mercier

Nous présentons tout d’abord l’ensemble gnomonique de la Mosquée Zaytûna (= Zitouna) à Tunis qui était très novateur à l’époque de sa construction : au début du XVII e siècle. Il contient, à l’échelle du monde arabe, le plus ancien cadran polaire fixe, et le seul cadran équatorial fixe. Par rapport aux cadrans tunisiens, on y trouve : la plus ancienne représentation préservée des heures égales, la plus ancienne représentation d’une Qibla conforme au calcul scientifique, le premier essai de calendrier solaire, les plus anciennes courbes d’annonce anticipée de prières (incluant certaines prières nocturnes).

Éric Mercier : diptyques et cadran azimutal de Dieppe (cadran info n° 30)

Nous essayons ici de réaliser la synthèse des informations disponibles sur cet instrument. Cela nous conduit à quelques études complémentaires sur son fonctionnement, sur sa conception et sur la qualité de se fabrication. Par ailleurs, six versions inédites du « mode d’emploi » d’époque, en plus des quatre connues, sont référencées. Pour finir, nous discutons de l’origine de la partie la plus originale de cet instrument (le cadran azimutal magnétique), en insistant sur la filiation avec les travaux de Georges (1660), et nous nous interrogeons sur son déclin et sa disparition, qui ne peuvent pas s’expliquer par une quelconque variation de la déclinaison magnétique comme classiquement admis ».

Giorgio Mesterini : les cadrans patriotiques du capitaine E. d’Albertis

Giorgio Mesterini

Né à Voltri (Gènes) en 1846. et mort a Gènes en 1932 le capitaine Enrico d’Albertis avait une grande passion pour les voyages et les découvertes. Il a parcouru le monde entier avec tous les moyens disponibles à l’époque : en vélo, à pied, à la voile, en bateau. Avec son voilier il a touché tous les ports de la Méditerranée faisant de nombreuses croisières et régates. Dès l’entrée de l’Italie dans le conflit mondial (1915) il a demandé à être réintégré dans le service militaire comme aviateur-observateur. Sa demande étant refusée (il avait déjà 69 ans) il a promis de faire des « cadrans solaires… de guerre » ! Il a alors réalisé dans toute l’Italie de nouveaux cadrans solaires avec des devises patriotiques et louant l’ardeur des combattants.

Francis Reymann : un « diurlabe »

Francis Reyman

Après la présentation faite lors de notre réunion de 2014 à Avignon,
Francis a construit un appareil permettant de donner pour un lieu donné (latitude, longitude, méridien horaire de référence) et une date : la limite entre le jour et la nuit, sur des cadrans d’horloge de 24 heures et ce, en heures solaires et légales.
L’appareil est équipé de 2 cadrans superposés. Le cadran du dessous est un calendrier qui se règle à la date manuellement. Accessoirement il donne les renseignements suivants :

  • La position dans les signes du zodiaque.
  • La déclinaison du Soleil.
  • Une représentation graphique de l’équation du temps.

Le cadran du dessus donne des indications horaires :

  • La valeur en minutes de l’équation du temps.
  • Les heures solaires et légales de lever et de coucher du Soleil.
  • L’heure légale du midi solaire (et du minuit solaire).

Francis Tamarit : cadrans de R. Béguin

Francis Tamarit

Francis nous présente des cadrans solaires réalisés par René Béguin. Nous avions eu le privilège de rencontrer ce cadranier lors de notre réunion à Genève. Les photographies projetées concernent les cadrans de cette ville :

  • cadran du Pont de la Machine sur le Rhône (disparu),
  • cadran sur le bord du Lac Léman, dans un bassin, au parc « Mon Repos » (disparu),
  • les cadrans du Musée des sciences,
  • des cadrans analemmatiques dans les préaux d’écoles : école des Crêts de Champel, école de Montchoisy, collège Voltaire, école du Bois des Arts,
  • des cadrans verticaux toujours dans des écoles : école Devin-du-Village, école de Lully,
  • un cadran horizontal dans un couloir de l’école Ferdinand-Hodler,
  • des cadrans sur des demeures privées : Maison Schorrock, Hôtel Buisson, Maison Pâquet, dans l’appartement de monsieur Beguin.,
  • des cadrans monumentaux que nous avions visités : sur un immeuble à l’entrée de Versoix et dans la cour des « Trois Midis ».

Hugues Vermeille : calendrier-cadran à l’université

Hugues Vermeille

Avec beaucoup d’humour, H. Vermeille nous fait vivre la réalisation d’un calendrier-cadran solaire implanté dans le campus de l’Université de Grenoble. L’idée retenue était de faire un cadran, assez précis (une courbe horaire toutes les 5 minutes), a lecture directe en temps universel incluant automatiquement les corrections de l’équation du temps et de la réfraction atmosphérique. Pour éviter le chevauchement des courbes en huit on a choisi la solution de dédoubler le cadran en réservant l’utilisation de chacune des deux parties obtenues l’une à l’hiver et au printemps (du 20 décembre au 21 juin), l’autre à l’été et à l’automne (du 21 juin au 20 décembre). Les huit se réduisent alors à des S qui ne se chevauchent plus et forment deux réseaux distincts parfaitement lisibles ». Une description détaillée est prévue dans le prochain bulletin Cadran Info.

Francis Ziegeltrum : cadran sur hyperboloïde

Francis Ziegeltrum

Francis nous explique la réalisation d’une maquette de cadran solaire sur une surface hyperboloïde. Il nous commente pour cela la réalisation d’un appareil permettant la réalisation de ce support à partir d’un cylindre de plâtre. L‘hyperboloïde de révolution est une surface intermédiaire entre le cylindre et le cône à deux nappes. On passe d’un cylindre à un hyperboloïde en augmentant l’angle de déphasage. Un rouleau de carton sert de support. Le plâtre est appliqué progressivement sur le rouleau et lissé par une lame. Les coordonnées pseudo-polaires de l’emplacement de la base du gnomon sont calculées en cherchant le point d’intersection de
la droite portant le gnomon avec une des génératrices de l’hyperboloïde. L’exposé est a retrouver ici

Francis Ziegeltrum : des suggestions

La définition de la gnomonique est peu présente sur la toile.
► Pourquoi ne pas écrire une telle définition et la présenter sur le site de notre commission
et compléter celui de WIKIPEDIA en faisant un lien avec notre commission ?
De nombreux livres de gnomiques ont été publiés dans le passé.
► Pourquoi de pas en faire un inventaire et un classement par date ?
► Pourquoi ne pas les comparer, en ressortir les méthodes, les nouveautés ? Qu’est-ce que
les auteurs ont apporté du 16e siècle à nos jours ? Francis a commencé ce travail. Venez le rejoindre pour concrétiser ces projets.
PS : Francis a cité un site web sur la numérisation de livres anciens

Dimanche 3 mai

Visite Dimanche

La journée s’est partagée entre la visite du fameux cadran luni-solaire du lycée Stendhal et la découverte de cadrans à Grenoble et dans les environs.

L’horloge solaire du père Bonfa (1673)

La visite privée était commentée par une personne de l’office de Tourisme (ci-dessous avec la clé du lycée) et madame Cathie Becquaert, professeur de mathématiques ayant participé à l’étude et à la restauration du cadran.

Pour tout renseignemet adresser un courriel
au secrétariat de la SAF
saf.secretariat@wanadoo.fr
qui fera suivre à Philippe SAUVAGET pésident de la CCS

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